Artisans
Bons de régie : combien d'heures un artisan perd-il vraiment, et comment les récupérer ?
Un carnet dans la camionnette, trois ressaisies, une facture des semaines plus tard : là où partent les heures en régie — et comment les récupérer.
Lucas Grin
COO · Développement & intelligence artificielle
5 min de lecture
En bref
- Une heure en régie non notée sur le moment a de fortes chances de ne jamais être facturée.
- Le problème n'est pas le papier en soi, mais les ressaisies entre le chantier, le bureau et la facture.
- Un bon de régie numérique utile se remplit en moins d'une minute, fonctionne hors ligne et se fait signer sur place.
- La signature du client sur le chantier règle d'avance la plupart des contestations de facture.
- Commencez par mesurer : combien de bons reviennent incomplets chaque mois ?
Sommaire
01
Pourquoi les heures en régie se perdent-elles ?
Un travail en régie est facturé au temps passé et au matériel utilisé, plutôt qu'au forfait. C'est aussi, dans la plupart des entreprises artisanales, la partie de la facturation la plus fragile — non parce que les équipes oublient par négligence, mais parce que l'information passe par trop de mains avant d'arriver sur la facture.
- 01Sur le chantier, l'ouvrier note ses heures et le matériel sur un carnet — quand il y pense, entre deux interventions.
- 02Le carnet voyage dans la camionnette, parfois plusieurs jours.
- 03Au bureau, quelqu'un déchiffre, reconstitue ce qui manque en téléphonant, puis ressaisit dans le logiciel de facturation.
- 04La facture part des semaines plus tard, et le client ne se souvient plus de ce qui a été fait.
À chaque étape, quelque chose se perd : une demi-heure arrondie vers le bas, une pièce oubliée, un déplacement jamais noté. Pris isolément, rien de dramatique. Additionné sur une année et une équipe, c'est souvent l'équivalent de plusieurs semaines de travail données gratuitement.
02
Combien ça coûte : le calcul à faire chez vous
Aucun chiffre générique ne vaut le vôtre. Le calcul, lui, est simple — et il vaut la peine d'être fait une fois, crayon en main.
| Hypothèse | Valeur d'exemple |
|---|---|
| Heures en régie non facturées, par ouvrier et par semaine | 1 h |
| Nombre d'ouvriers | 6 |
| Semaines travaillées par an | 46 |
| Tarif horaire facturé | CHF 95.– |
| Manque à gagner annuel | CHF 26 220.– |
À cela s'ajoute le temps administratif : chaque bon reconstitué au bureau se paie une deuxième fois, en heures de secrétariat ou en soirées du patron. Et un coût plus difficile à chiffrer : la facture contestée, parce que le client ne reconnaît pas les heures et qu'aucune signature ne les confirme.
03
À quoi ressemble un bon de régie numérique qui marche vraiment ?
Passer au numérique ne suffit pas. Un formulaire sur téléphone mal pensé est abandonné en deux semaines, et le carnet revient. Ce qui fait la différence, ce sont quelques règles de conception très concrètes :
- Moins d'une minute par bon. Le chantier, le client et les articles courants sont déjà chargés : l'ouvrier ne saisit que ce qui a changé.
- Hors ligne d'abord. Caves, sous-sols, zones sans réseau : la saisie fonctionne sans connexion et se synchronise au retour.
- La photo comme preuve. Avant, après, la pièce remplacée : une photo horodatée vaut mieux qu'une longue description.
- La signature du client sur l'écran. Elle transforme un bon en accord, au moment où le travail est frais dans les deux mémoires.
- Zéro ressaisie derrière. Le bon signé alimente directement la facture.
La règle que nous nous imposons est simple : si un ouvrier met plus de temps à remplir le bon numérique qu'à griffonner son carnet, c'est l'écran qui est mal conçu, pas l'ouvrier.
04
Pourquoi la signature sur le chantier change-t-elle tout ?
Une facture en régie est presque toujours contestée pour la même raison : le client découvre des heures qu'il n'a pas vu passer. Des semaines plus tard, c'est sa parole contre la vôtre.
Faire signer le bon sur place renverse la situation. Le client voit les heures, le matériel et les photos au moment où le travail vient d'être fait ; il pose ses questions tout de suite, et sa signature confirme ce qui sera facturé. Les litiges ne disparaissent pas tous, mais ils se règlent sur le chantier plutôt que par courrier.
05
Par où commencer sans tout changer ?
Inutile de remplacer votre logiciel de devis ou votre comptabilité : Bexio, Sorba, Messerli ou Vertec font bien leur travail. Ce qui manque, c'est le chaînon entre le chantier et eux.
- 01Mesurez pendant un mois les bons incomplets et le temps passé à les reconstituer.
- 02Choisissez une équipe pilote — idéalement celle qui râle le plus contre le papier.
- 03Branchez le bon numérique sur votre facturation existante, pour que le gain soit visible dès la première facture.
- 04Étendez ensuite au planning, à l'historique par chantier, aux commandes de matériel.
C'est exactement la chaîne que nous décrivons sur notre page logiciel pour artisans : du devis à la facture, construite autour de votre façon de travailler.
Questions fréquentes
Ce qu'on nous demande à ce sujet.
Qu'est-ce qu'un bon de régie ?
C'est le document qui consigne le temps passé et le matériel utilisé pour un travail facturé au temps plutôt qu'au forfait. Signé par le client ou la direction des travaux, il sert de base à la facturation.
Un bon de régie signé sur écran a-t-il de la valeur ?
Il documente l'accord du client sur les heures et le matériel, avec la date et des photos. En pratique, c'est une preuve plus solide qu'un carnet reconstitué après coup. Pour un enjeu juridique particulier, votre contrat et votre conseil restent la référence.
Faut-il une connexion internet sur le chantier ?
Non, si l'outil est bien conçu : la saisie fonctionne hors ligne et se synchronise dès que le réseau revient. C'est une exigence de départ pour les métiers qui travaillent en sous-sol ou en zone blanche.
Peut-on garder notre logiciel de facturation actuel ?
Oui. Le bon numérique se connecte à Bexio, Sorba, Messerli ou Vertec : il leur transmet des heures et du matériel déjà justes, sans ressaisie.
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