Nettoyage
Entreprise de nettoyage : enregistrer le temps de travail sans y passer ses fins de mois
Ce que la loi exige, pourquoi les heures remontent mal du terrain, et comment une heure pointée sur site sert à la fois la paie, la rentabilité et la facture.
Lucas Grin
COO · Développement & intelligence artificielle
5 min de lecture
En bref
- La loi impose d'enregistrer la durée du travail et des pauses, et de conserver ces documents au moins cinq ans (art. 73 OLT 1).
- Dans le nettoyage, la difficulté n'est pas la règle, c'est le terrain : des équipes dispersées sur de nombreux sites, à horaires décalés.
- Des heures reconstituées de mémoire ne se défendent ni face à un contrôle, ni face à un client qui conteste.
- Un timbrage sur site, rattaché à la mission, alimente à la fois les salaires, la rentabilité par contrat et la facture.
- La rentabilité d'un contrat se lit alors en cours de mois, pas un mois trop tard.
Sommaire
01
Que dit la loi sur l'enregistrement du temps de travail ?
En Suisse, l'employeur doit tenir à disposition des autorités les documents qui permettent de connaître la durée du travail de ses collaborateurs : durée quotidienne et hebdomadaire, travail supplémentaire, pauses d'une demi-heure ou plus, travail de nuit ou du dimanche. C'est l'article 73 de l'ordonnance 1 relative à la loi sur le travail (OLT 1), et ces documents doivent être conservés au moins cinq ans.
Dans le nettoyage s'ajoutent les dispositions de la convention collective applicable — salaires minimaux, majorations, traitement des temps de déplacement —, dont le respect peut être contrôlé par la commission paritaire.
02
Pourquoi les heures remontent-elles mal du terrain ?
Une entreprise de nettoyage vit sur trois réalités qui ne se parlent pas : ce qui était planifié, ce qui a réellement été fait sur site, et ce qui finit sur la facture. Entre les trois, des heures remontent par SMS, par photo d'une feuille, ou pas du tout.
- une collaboratrice en remplace une autre, absente : qui le note, et où ?
- une intervention déborde d'une heure parce que le local était verrouillé : l'heure est-elle payée ? facturée ?
- un site a été oublié ce matin : le client l'apprend avant vous.
À la fin du mois, quelqu'un reconstitue. Et un décompte reconstitué de mémoire ne se défend ni face à un contrôle, ni face à un client qui conteste sa facture.
03
Comment fonctionne un timbrage sur site bien conçu ?
Tout tient en un principe : l'heure est saisie là où elle est travaillée, au moment où elle l'est, et rattachée à la mission — pas notée sur une feuille rendue en fin de mois.
- Un écran, un bouton. La mission du jour est déjà chargée : le collaborateur pointe son arrivée et son départ.
- Le site vérifié. Une géolocalisation au moment du timbrage confirme la présence sur le bon site, sans suivi permanent.
- Les imprévus signalés sur place. Local fermé, matériel manquant : une photo, un message, horodatés et rattachés au site.
- Les règles appliquées automatiquement. Pauses, majorations et déplacements calculés selon votre CCT.
04
De l'heure pointée à la rentabilité du contrat
Une fois saisies sur le terrain, les heures réelles servent trois fois, sans aucune ressaisie :
| Usage | Ce que ça change |
|---|---|
| Salaires | Heures, pauses et majorations arrivent justes, prêtes pour la paie. |
| Rentabilité | Heures réelles face aux heures vendues, contrat par contrat, en cours de mois. |
| Facturation | La facture part des heures réellement effectuées, preuves à l'appui. |
C'est souvent là que se trouve le gain le plus important. Un contrat qui dérape de trois heures par mois ne se voit habituellement qu'à la facturation — douze fois par an. Visible en cours de mois, il se corrige : réorganisation de la tournée, renégociation, avenant au contrat.
05
Ce que ça donne en pratique
C'est l'outil que nous avons construit pour 1PECC, une entreprise de nettoyage romande : planning des équipes, timbrage sur site, reporting de mission, rentabilité et facturation réunis dans un seul outil.
Pour estimer d'abord ce que vous coûtent les ressaisies actuelles, notre diagnostic gratuit vous donne un ordre de grandeur en cinq minutes.
Questions fréquentes
Ce qu'on nous demande à ce sujet.
Combien de temps faut-il conserver l'enregistrement du temps de travail ?
Au moins cinq ans, selon l'article 73 de l'ordonnance 1 relative à la loi sur le travail (OLT 1).
La géolocalisation des collaborateurs est-elle autorisée ?
Une vérification ponctuelle au moment du timbrage, proportionnée et annoncée aux collaborateurs, est la pratique recommandée. Un suivi permanent de la position pose des problèmes de protection de la personnalité et des données ; en cas de doute, faites valider votre dispositif.
Nos équipes ne sont pas à l'aise avec la technologie : est-ce réaliste ?
Oui, si le timbrage se limite à un écran et un bouton. Tout le reste — mission, site, cahier des charges — est déjà chargé. S'il faut plus de dix minutes de formation pour pointer, l'outil est mal conçu.
Peut-on garder Bexio pour la facturation ?
Oui. L'outil de terrain transmet des heures déjà justes à votre logiciel de facturation et de comptabilité, qui garde son rôle.
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